J'ai deux mots à vous rire - Il n’y a de sport qu’épique

Par Claude Frisoni

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La chronique hebdomadaire de Claude Frisoni.

Amis sportifs, bonjour ! Merci de nous rejoindre pour cette émission spéciale, consacrée à l’épreuve majeure de cette année 2021, le Championnat du monde de vaccination. Sachez qu’un groupe de tête s’est largement détaché, composé des USA et de la Chine, suivi à distance par Israël et le Royaume Uni. Un peu plus loin, la Russie, les Émirats Arabes Unis, l’Italie et l’Allemagne forcent le train pour ne pas se faire décrocher. Bons derniers, la France et le Mexique semblent en difficulté. Mais, comme nous l’ont fait remarquer nos confrères spécialistes du football, il serait imprudent d’enterrer définitivement les Français, qui avaient démarré très lentement la dernière Coupe du Monde de foot avant de finir par l’emporter. Certes, mais il est difficile de comparer les deux compétitions. Le Championnat du Monde de Vaccination a peu à voir avec le football. On pourrait plus aisément le comparer avec une course cycliste. Ne serait-ce qu’en raison de la présence massive de seringues et de composés chimiques mystérieux dans les deux épreuves.

Mais il est évident que la compétition qui ressemble le plus à ce prestigieux championnat du monde, c’est le rallye Paris-Dakar. Magnifique aventure dont la toute première particularité extraordinaire, c’est qu’elle ne part pas de Paris et n’arrive pas à Dakar. Cette année, elle reliera Djeddah en Arabie Saoudite à … Djeddah en Arabie Saoudite. Ce qui signifie que le concurrent qui ne prendra pas le départ sera sûr d’être le premier à l’arrivée. Il gagnera sans avoir pollué le désert, écrasé des bédouins, terrorisé la faune locale et salopé les dunes ou les campements. L’issue du Championnat du Monde de Vaccination est beaucoup plus incertaine. Car si, comme au Paris-Dakar, les grosses écuries ont un avantage certain, des concurrents moins en vue peuvent créer la surprise. Ainsi, les Américains bénéficient de sponsors très puissants, leaders dans l’industrie pharmaceutique. Mais, à l’instar des grosses écuries du rallye du désert, leurs puissantes machines peuvent tomber en panne de carburant. Et tous les coureurs automobiles le savent, une 2CV avec le plein va plus vite et plus loin qu’une Ferrari en panne sèche. Donc, si les membres du groupe de tête venaient à manquer d’approvisionnement, des outsiders bénéficiant d’une meilleure logistique pourraient bien les dépasser insolemment. On imagine aisément que dans les années 60, un Charly Gaul des grands jours en voiture à pédales aurait pu griller la politesse à d’imposants 4X4 en panne de carburant.

Comme quoi, il faut se garder d’émettre des pronostics prématurés et se méfier des petites nations vaillantes et bien organisées qui pourraient créer la surprise. Car il ne faut pas l’oublier, ça n’est pas le nombre total de vaccinations effectuées par le pays qui désignera le vainqueur, mais bien le pourcentage de sa population en ayant bénéficié. Cette disposition est une sorte de fair-play financier, visant à préserver l’esprit sportif. Rien n’est donc joué. On sait que la France a plus d’un tour dans son sac et qu’avec ses coaches fantasques et versatiles, elle a souvent et dans de nombreuses disciplines sportives, coiffé ses concurrents au poteau. A condition bien sûr, que ses athlètes ne refusent pas de descendre du bus comme lors de la Coupe du Monde 2010, ce qu’on a craint au début de ce Championnat qui nous passionne. Vous avez peut-être appris aussi que des voix se sont élevées pour appeler au boycott de ce Championnat du monde. Elles préfèreraient une épreuve sans grands sponsors, moins médiatisée et s’appuyant plus sur l’amateurisme.

Notre rôle n’est bien sûr pas de juger ces opinions et pour le prouver, nous allons révéler ici la recette d‘un stimulant complètement naturel : la poudre de perlimpinpin. Prenez deux malheureux conifères recouverts de peinture et du pain complet. Réduisez en poudre la paire de pins peints plaints et le pain plein. Mélangez. Versez cette poudre sur un joli plat. Parce qu’un plat c’est beau. Mais oui, un plat, c’est beau ! Diluez ensuite dans de l’eau. Attention, pas d’eau gazeuse. De l’eau mais de l’eau plate. C’est important. Eau, mais eau plate. C’est pourquoi cette pratique s’appelle l’eau-mais-eau-platie. Enrobez de sucre. C’est prêt à être consommé. Sans aucune modération. Car, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal. C’est déjà ça. Si aucun médecin n’accepte de vous en prescrire, demandez à un guérisseur. Il y a peu de guérisseurs médecins. Mais pas beaucoup plus de médecins guérisseurs. En revanche, de nos jours, il y a autant de malades malgré eux que de médecins imaginaires.