Un trop lourd silence autour des abus sexuels

Par Camille FratiLex Kleren

Les victimes d’abus sexuels de moins de 18 ans ont actuellement jusqu’à leurs 28 ans pour porter plainte. La ministre de la Justice travaille sur un allongement de ce délai, revendiqué de longue date par les associations, dans un contexte de prise de conscience de la société face à ces atrocités.

Le grand public se souvient des horreurs commises par un Dutroux ou un Fourniret. Mais ces violeurs et tueurs en série occultent des drames intimes qui parfois ne seront jamais ébruités. La terreur d’enfants abusés par leur père, leur oncle, leur cousin, un ami de la famille – parfois par une femme aussi –, dans le secret de leur chambre ou lors de vacances à jamais traumatisantes.

Pour une fois, le Luxembourg est logé à la même enseigne que ses voisins, incapable d’évaluer le nombre de victimes alors que l’omerta règne autour de ces terribles secrets trop bien gardés. En 2020, le Parquet a ouvert 93 affaires sur la base de plaintes déposées auprès de la police grand-ducale (qui ne communique pas ce chiffre) ou auprès de lui. Il peut aussi se saisir si des informations paraissent dans la sphère publique. Mais tous les professionnels s’accordent à dire que la réalité est bien pire. Le Conseil de l’Europe estime que 20% des enfants sont victimes d’abus sexuels. En France, le nombre de victimes mineures est évalué à 165.000.

En 2019, le Planning familial a pris en charge 90 victimes d’abus sexuels dont 85 filles ou femmes. « Dans 98,8% des cas, l’abus a commencé avant l’âge de 18 ans », précise son rapport d’activités et 51,1% des victimes avaient été abusées avant l’âge de 10 ans.

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