Les mêmes conséquences pour tou·te·s, s'il-vous-plaît

Par Misch Pautsch Changer en allemand pour l'article original

Trop souvent, les riches et les puissant·e·s peuvent s'affranchir des conséquences légales de leurs actes. Pourtant, la cohésion de notre société dépend de l'application de la même loi pour tou·te·s – et du fait que les gens aient des raisons de le croire, au moins un peu. 2025 a été une année noire à cet égard sur le plan international. Si l'on veut que la démocratie perdure, la justice doit montrer les dents.

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Dans toute l'Europe et le monde, les politiques font de la publicité en promettant de "lutter plus durement contre la criminalité". C'est au mieux populiste, au pire raciste – et cela ne pourrait pas être en plus grand contraste avec la réalité. Beaucoup y croient et se réjouissent ensuite du théâtre performatif de la sécurité : des contrôles (présumés illégaux) aux frontières internes à l'Europe sont introduits, les contrôles de drogue sont renforcés, les fugitif·ve·s sont "remigré·e·s", les prétendu·e·s profiteur·euse·s des prestations sociales sont présenté·e·s. Et les quelques petits poissons avec lesquels les aspirant·e·s pêcheur·euse·s en haute mer "law and order" se font photographier avec un mètre ruban et un pouce tendu cachent le fait que les gros poissons passent une fois de plus à travers les mailles du filet – ou tout simplement à côté. Voici quelques exemples :

Meta a payé 8 milliards de dollars pour que son CEO Mark Zuckerberg ne doive pas témoigner devant un tribunal. Un petit prix à payer pour que son patron n'ait pas à justifier le scandale Cambridge Analytica ni à dire un mot sur la manière dont son entreprise a vendu des millions de données d'utilisateur·rice·s à des acteurs politiques pour organiser des campagnes de propagande ciblées, sans lesquelles le Brexit ne serait probablement jamais arrivé. Sans laquelle Donald Trump, celui qui comprend Poutine, n'aurait peut-être jamais été élu. L'une des plus grandes attaques coordonnées contre la démocratie, qui a déchiré l'UE et détruit l'ancien ordre mondial, est balayée sous le tapis. Meta a enregistré un bénéfice net de 62,36 milliards d'euros en 2024. Il lui en a coûté 12,8 % pour laisser tout cela derrière elle. Pour qu'il n'y ait jamais de jugement.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a passé trois semaines en prison avant d'être libéré. Trois semaines "difficiles", selon ses propres termes, trois semaines de "cauchemar", une peine qui devrait être de cinq ans, pour un complot criminel visant à utiliser les fonds du dictateur libyen et auteur de violations des droits humains Mouammar Kadhafi pour la campagne de réélection du même Sarkozy. Trois semaines sur 260, cela représente 1,1 %. Juste assez longtemps pour qu'il publie un livre sur le sujet, qui lui rapportera certainement un peu de monnaie.

Elon Musk n'a pas eu à rendre compte du fait que son chatbot Grok a déshabillé numériquement pendant plusieurs jours de vrais enfants mineurs en chair et en os, en public et accessible à tous. Zéro compte à rendre pour le fait que son programme a produit et distribué du matériel numérique pédophile. Pour rappel, c'est la justification avec laquelle le Parlement européen prévoyait de priver complètement tou·te·s les citoyen·ne·s de l'UE de leur vie privée numérique à titre purement préventif. Maintenant, une entreprise publique, avec un CEO de renommée mondiale, produit du CSAM (Child Sexual Abuse Material) … et rien ne se passe. Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques mois, ce même logiciel approuvait les actions d'Adolf Hitler et proposait lui-même de détruire des couches de population pour résoudre des problèmes de société. Cela aussi est resté sans conséquence pour l'homme le plus riche du monde.

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