La goutte de trop

Par Audrey SomnardAnouk Flesch

Avec le secteur de l’Horeca en berne, la consommation d’alcool aurait pu reculer. C’est le contraire qui s’est produit. Les personnes dépendantes à l’alcool se pressent dans les hôpitaux pour se battre contre une addiction dont ils·elles ont perdu le contrôle pendant cette pandémie.

C’est avec le premier confinement que Marc a pris réellement conscience de ses problèmes avec l’alcool. Professionnel du monde de l’Horeca, sa consommation d’alcool est d’abord festive, puis dans le cadre du travail, au fil des années Marc boit de plus en plus souvent seul, chez lui. « De par mon métier je suis en contact en permanence avec l’alcool, j’ai commencé à consommer après le travail. Je n’attendais qu’une chose, c’était de rentrer chez moi pour boire. Puis j’ai fini par me lever le matin et commencer à boire, juste pour arrêter les tremblements », raconte-t-il. D’un à deux verres, il augmente sa consommation avec le temps, pour arriver à 5 à 6 litres par jour de bières pendant le confinement. Chez lui l’alcool a pris le contrôle : « En sortie je pouvais boire trois à quatre bouteilles de Champagne dans une même soirée », ce qui finit par plomber son budget, « certains mois étaient difficiles, à cause de ma consommation d’alcool. »

« J’allais chercher des cartons de bières à la station-service près de chez moi, le vendeur me connaissait à force », alors que Marc ne conduit plus, faute de permis : « J’ai perdu mon permis, ma voiture, des frais de tribunaux qui m’ont coûté cher ». Finalement, c’est face à lui-même qu’il trouve la force de demander de l’aide : « J’ai pris rendez-vous à la clinique Zitha, que j’ai obtenu environ deux semaines plus tard, courant mai. » Il est mis en congé maladie, mais au début il démarre sa thérapie médicamenteuse tout en consommant de l’alcool, un mauvais cocktail. Finalement il se fait hospitaliser pendant 10 jours pour un sevrage médicamenteux, une période difficile pour évacuer l’alcool de son système. Mais déterminé, Marc décide ensuite d’enchaîner avec une cure au Centre thérapeutique d’Useldange (CTU) qui est spécialisé dans la prise en charge des alcooliques. Il y restera 6 mois. « J’aurais pu n’y rester que trois mois, mais je ne me sentais pas prêt à rentrer chez moi. Les dix premiers jours ont été intenses, mais c’était plus facile avec les médicaments qui ont été réduits peu à peu. »

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