Derrière les barreaux avec des problèmes de drogue

Par Christian BlockLex Kleren Changer en allemand pour l'article original

Il est fréquent au Luxembourg de se retrouver en prison pour des délits liés à la drogue ou à des problèmes de dépendance. Certes, des offres d'aide existent pour les détenu·e·s, mais elles demandent beaucoup de coordination. Et la collaboration semble pouvoir être développée.

La première prise de contact ne dure pas longtemps. Dans les 24 heures suivant le début d'une peine de prison dans le centre pénitentiaire fermé (CPL), un∙e détenu∙e rencontre un membre du service de soins psychiatriques (SPMP) et remplit un formulaire. Il·Elle peut y indiquer s'il·elle consomme de l'alcool, de l'héroïne, de la cocaïne ou du cannabis.

C'est ce que l'on peut lire dans le rapport national sur les drogues de cette année.Le document pour 2021, appelé Relis, n'est pas seulement un état des lieux de la consommation de drogues en général, du travail de prévention ou des conséquences de la consommation en termes de maladies infectieuses et d'overdoses. Il consacre également un chapitre aux drogues et à la prison.

Il en ressort que de nombreuses personnes condamnées à des peines de prison ont un problème de dépendance : un quart des quelque 680 formulaires d'entrée remplis en 2020 décrivaient une consommation problématique d'alcool. Une personne sur cinq consommait de l'héroïne, une sur trois de la cocaïne et près de 40% avaient une consommation « régulière et abusive » de cannabis. Et, circonstance aggravante, pour certain·e·s, la consommation ne commence qu'en prison.

Les personnes souffrant d'un problème d'addiction et/ou de troubles psychiatriques peuvent recourir aux services de la Rehaklinik du Centre hospitalier neuropsychiatrique (CHNP) au sein de la prison. Dr Isabelle Mouric est psychiatre et travaille à la clinique de rééducation depuis début 2020. En mai 2020, la Française a repris la coordination de la filière socio-judiciaire. Celui-ci comprend premièrement trois unités d'hospitalisation à Ettelbruck ; deuxièmement, le service de soins psychiatriques en milieu pénitentiaire (SPMP, anciennement SMPP) ; et troisièmement la Suchthëllef (anciennement programme Tox). Le SPMP et la Suchthëllef sont représentés par des collaborateur∙trice∙s permanent∙e∙s et itinérant∙e∙s sur les trois sites d'exécution de la justice ‒ la prison fermée (CPL) à Schrassig, la prison semi-ouverte (CPG) à Givenich et la prison préventive d'Uerschterhaff (CPU).

« Les soins s'adressent aux personnes qu'elles soient prévenues, donc dans l'attente d'un jugement, ou qu'elles soient condamnées », explique Dr Mouric. En principe, les détenu∙e∙s font appel aux services de la clinique de rééducation de leur plein gré. Il existe toutefois une exception : une personne peut être transférée contre son gré à la clinique de rééducation, dans le cas particulier ou elle refuse des soins mais en a besoin et où elle pourrait représenter un danger pour elle-même ou pour autrui. Une telle « mise en observation » doit être autorisée par un juge.

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