J’ai deux mots à vous rire - Chat perché…

By Claude Frisoni Article only available in French

Que l’art soit une affaire sérieuse ne signifie pas qu’il doive devenir une affaire triste. C'est le constat de Claude Frisoni dans sa chronique hebdomadaire.

C’est le dessinateur Peyo, auteur des légendaires Schtroumpfs, qui avait le mieux stigmatisé le ridicule des batailles linguistiques divisant son pays. Dans une des aventures des petits bonshommes bleus, ses gentils héros en venaient à se détester, car une moitié d’entre eux affirmait qu’il fallait dire « tire bouschtroumpf » alors que l’autre moitié jurait que le mot juste était « schtroumpf-bouchon ». Évidemment, l’histoire se terminait bien, car chez les Schtroumpfs, la raison et la volonté de vivre ensemble finissent toujours par l’emporter. Même si le Schtroumpf grognon n’aime pas. Toujours est-il que les Belges (non, je ne sacrifierai pas à cette ridicule hypocrisie qui veut qu’on dise « nos amis Belges »; même si j’ai plein d’amis Belges) ont toujours une arme redoutable contre la bêtise et l’absurdité des conflits humains: l’humour. Enfin, en principe. Car voici que le projet du Musée du Chat, institution destinée à accueillir les œuvres félines et drolatiques de Philippe Geluck en plein centre de Bruxelles, a suscité une vague de protestations, une série de pétitions, une levée de boucliers, en un mot comme en cent, une opposition farouche et déterminée. Étant, comme toute personne normalement constituée, totalement incapable de comprendre quoi que ce soit à la répartition des responsabilités et prérogatives entre la commune de Bruxelles, la région de Bruxelles, l’état fédéral dont le siège est à Bruxelles et le Palais Royal qui fait joli à Bruxelles, je ne me prononcerai pas sur le financement de l’opération. Je m‘étonne simplement que dans le pays de Franquin, Foulon, Magritte, Benoit Poelvoorde ou du célèbre entartreur Noël Godin, deux artistes de l’École Nationale des Arts Visuels de la Cambre aient ressenti le besoin d’adresser une pétition au Ministre Président de la Région Bruxelloise pour lui demander de renoncer au projet, au motif que ce musée ferait essentiellement la promotion de l’œuvre de Philippe Geluck.

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