Travail via une plateforme : l'enfant terrible du droit du travail actuel
Par Sherley De Deurwaerder, Lex Kleren Changer en allemand pour l'article original
Revenus incertains, absence de couverture sociale, contrôle algorithmique, litige sur le statut d'emploi... Alors que le gouvernement luxembourgeois négocie avec les partenaires sociaux la mise en œuvre de la directive européenne sur le travail via une plateforme, la question est de savoir comment protéger efficacement les travailleur·euse·s à l'ère du numérique – et les intérêts économiques. Un aperçu.
Si tu mets le pied dehors, du moins à Luxembourg-Ville, tu ne devrais pas tarder à remarquer des gens – surtout des hommes – qui sillonnent les rues à vélo avec des sacs à dos rectangulaires bleus, parfois rouges ou orange, qui passent à côté de toi ou qui sortent des voitures garées sur le bord de la route. Ils veulent apporter le plus rapidement possible à une clientèle affamée le repas qu'elle a commandé, idéalement encore bien chaud, dans les restaurants les plus divers, et gagner ainsi leur vie.
Les coursier·ère·s alimentaires sont devenu·e·s une partie visible du paysage urbain luxembourgeois au plus tard depuis la pandémie de Covid-19. Ils·Elles travaillent entre autres pour des géants internationaux comme Wolt et Uber Eats, ou encore pour les entreprises locales Wedely et MiamMiam.lu, pour n'en citer que quelques-unes.
Comment fonctionne le travail de plateforme ?
Dans le travail via une plateforme, on distingue deux types de base – premièrement, les services sur site, c'est-à-dire les services tels que les services de transport, de livraison et de nettoyage, et deuxièmement, les services en ligne ou "cloudwork", qui fonctionnent en principe au-delà des frontières. Les plateformes fournissent l'infrastructure technique par laquelle les commandes sont passées, les prestations coordonnées et les paiements effectués. Elles font office d'intermédiaires, sans effectuer le travail lui-même.
Le principe est le suivant : les travailleur·euse·s créent un profil, téléchargent les documents nécessaires et acceptent les conditions contractuelles imposées par la plateforme. Dans de nombreux cas, ils·elles sont considéré·e·s comme des entrepreneur·euse·s indépendant·e·s ou des "partenaires". Ils·Elles doivent fournir eux et elles-mêmes les outils de travail nécessaires, qu'il s'agisse d'un ordinateur ou d'un véhicule.
La mise en relation se fait principalement de manière automatisée. Des algorithmes rapprochent l'offre et la demande et prennent en compte différents paramètres tels que la localisation, la disponibilité, les évaluations, les qualifications ou les taux de réussite antérieurs. Sur les plateformes numériques pour freelance, les travailleur·euse·s postulent activement à des projets publiés.
Accède à la suite du contenu.
-
Abonnement annuel185,00 €/an
-
Abonnement mensuel18,50 €/mois
-
Zukunftsabo pour abonné·e·s en-dessous de l'âge de 26 ans120,00 €/an
As-tu déjà un compte ?
Connecte-toi