Seules au monde

Par Audrey SomnardLex Kleren

La galère de la séparation, c’est une nouvelle vie qui s’annonce : nouveau logement, travail, mode de garde, tout change avec beaucoup moins de moyens. Une situation qui fait des familles monoparentales les catégories les plus précaires du pays. Des mères célibataires essaient de se regrouper pour mieux faire entendre leur voix et nous racontent leur quotidien.

Ils·Elles se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Le cliché est tenace. Des couples qui espèrent que l’amour va durer pour toujours. Même avec les chiffres si importants du divorce, peu de personnes se passent la bague au doigt en imaginant une fin à leur histoire. Il faudrait pourtant se préparer à l’après, si l’on en croit les professionnels. Car lorsque la rupture arrive, certains couples font face à de grandes difficultés. Dans un pays comme le Luxembourg où il est déjà difficile de se loger à deux, une fois seul·e avec des enfants, cela devient un parcours du combattant, d’autant que les logements sociaux sont pris d’assaut. Alors c’est la débrouille, le système D. Quand certain·e·s étaient déjà habitué·e·s à joindre les deux bouts, d’autres doivent faire le deuil d’une vie confortable.

Le logement reste le nerf de la guerre pour les familles monoparentales qui doivent généralement trouver un logement en urgence après une séparation : « Souvent les gens viennent en dernier recours car ils essaient d’abord de s’en sortir par eux-mêmes », explique Marine Bretz, responsable au Centre pour femmes, familles et familles monoparentales (CFFM). Mais c’est sans compter les critères drastiques des propriétaires et agences immobilières qui sont en position de force sur un marché très tendu : « Même si la personne travaille à plein temps, les agences demandent quasi systématiquement deux salaires, et les listes d’attente sont longues pour les logements sociaux. Mais il y a bien souvent urgence car il est en général impossible de payer seul le logement familial qui était occupé avant la séparation ».

Certaines femmes, car il s’agit en très grande majorité de femmes, en sont réduites à passer de l’autre côté de la frontière en attendant un logement social, et se font littéralement exploiter pour garder une « adresse » au Luxembourg : « Certaines personnes peu scrupuleuses "louent" leur boite aux lettres pour 300 euros par mois. Nous savons que certaines femmes le font, elles sont transparentes avec nous, c’est délicat », admet Martine Bretz.

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