Réseau infini, barrières innombrables

Par Christian BlockLex Kleren Changer en allemand pour l'article original

L'inclusion numérique a de nombreuses facettes. Une est un monde numérique accessible à tous et toutes, conformément au principe « Design For All ». Des progrès ont certes été réalisés; mais l'accessibilité est rarement prise en compte dès le départ.

Tom Erdel rencontre des impasses en ligne presque tous les jours. Il doit alors essayer d'obtenir l'information souhaitée par d'autres moyens, que ce soit en demandant de l'aide à quelqu'un ou en exécutant par exemple un système de reconnaissance automatique de texte sur une capture d'écran qui lui lit le contenu du site web. Car Tom Erdel est aveugle.

Le coordinateur du département de transcription du Centre pour le développement des compétences relatives à la vue (CDV) navigue pourtant rapidement sur le web. Ceux·celles qui, en tant que personnes malvoyantes ou aveugles, ont leurs stratégies et savent utiliser leur logiciel, peuvent se déplacer relativement rapidement sur le web, dit-il et en fait la démonstration. M. Erdel se fait lire les éléments de texte par un lecteur d'écran. La lecture vocale est réglée si rapidement qu'elle ressemble à une bande-son avancée que les oreilles non entraînées ne peuvent pas suivre. Ou alors, M. Erdel lit l'élément activé avec les doigts sur une barrette braille. Il s'agit d'un dispositif équipé d'éléments mobiles, qui affiche un extrait de texte en caractères braille. Un tel appareil peut d'ailleurs coûter 10.000 euros, remboursables par l'État.

Consultant un nouveau site web, les personnes malvoyantes doivent d'abord développer un concept. « Nous travaillons avec de grandes listes. Les titres, liens et champs de formulaire servent de points d'orientation », explique M. Erdel. Il reconnaît par exemple les éléments de titre sur journal.lu et peut ainsi s'orienter assez facilement. Le site n'est toutefois pas totalement accessible. Il manque par exemple des textes alternatifs, c'est-à-dire des descriptions d'images.

La numérisation croissante de plus en plus de domaines de la vie, qui s'est encore accélérée dans le sillage de la pandémie, signifie également un risque d'exclusion plus élevé pour certaines personnes. Selon les données de la Commission européenne, plus de 80 millions de personnes en Europe souffrent d'une forme de handicap. 5% de la population de l'UE n'utilisent pas Internet en raison de leur handicap. Parallèlement, moins de 10% des sites web en Europe sont entièrement utilisables par les personnes handicapées. C'est notamment une question de droits fondamentaux, comme l'a révélé le dernier rapport annuel sur l'application de la Charte des droits fondamentaux de l'UE. Dans ce document publié en décembre, on peut lire : « Ne pas avoir de connexion internet peut avoir des répercussions sur l'exercice des droits des personnes (…) y compris à leur droit à la liberté d'expression et d'information. (…) Les personnes qui ne disposent pas d'un accès régulier à internet, qui n'ont pas les compétences nécessaires pour utiliser ces services ou qui ne peuvent pas accéder à un produit ou service numérique en raison d'un handicap physique ou cognitif risquent de plus en plus d'être exclues et éprouvent des difficultés à faire valoir leurs droits. »

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