Nom de nom

Par Audrey SomnardLex Kleren

Choisir le prénom de son enfant, rien de plus normal. Mais il est de plus en plus admis d’également choisir son nom de famille. Une option qui se banalise en Europe, légale au Luxembourg depuis une loi de 2006, mais qui reste encore aujourd’hui marginale.

Deux prénoms et deux noms de famille, c'est courant au Portugal – même le minimum habituel – mais pas au Luxembourg. Ici, jusqu'en 2006, les enfants ne pouvaient être enregistré·e·s qu'avec le nom de famille du père – une limitation qui violait la Convention des Nations unies sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, ce qui a finalement contraint le Luxembourg à modifier la loi.

Laura a donné naissance le mois dernier à une petite fille. C’est son compagnon qui est allé à l’état civil pour enregistrer la naissance. Le choix du prénom a fait l’objet de discussions, comme parmi tous les couples, mais Laura ne s’était pas rendu compte que le nom de famille pouvait aussi être un choix pour la petite famille. « Je ne m’étais même pas posé la question, tout le monde porte le nom du papa dans mon entourage, je n’avais même pas réalisé que l’on pouvait faire autrement », raconte la jeune maman luxembourgeoise qui s’attendait à ce que leur enfant porte seulement le nom du papa. Ce dernier, David, est Portugais. Pour lui le fait de porter le nom de famille du papa et de la maman est tout à fait naturel : « Je lui ai proposé que la petite porte son nom, suivi du mien. Pour moi c’est tout à fait normal, c’est notre enfant à tous les deux. Quand elle sera plus grande elle pourra n’utiliser dans la vie courante qu’un seul nom, ou les deux, comme elle le souhaitera. »

Côté chiffres, ni le service d’état civil de Luxembourg, ni le Statec n’a pu donner de chiffres récents sur le choix des noms de famille pour le Luxembourg. On sait seulement qu’en 2016, 65.747 enfants étaient né·e·s à Luxembourg après le 1er mai 2006 et l’inscription dans la loi du droit donné aux parents de choisir le nom de leur enfant : seulement celui du premier parent, du deuxième parent, ou des deux. Une victoire également pour les familles monoparentales qui ne rentraient de toute façon pas dans les cases « maman/papa », le choix est d’autant plus important pour ces familles. Parmi eux, 39.888 enfants (60,67%) ont été déclaré·e·s sous le nom du père, ce qui représente donc la majorité des enfants né·e·s au Luxembourg. Alors que 5.307 enfants (8,07%) ont été déclaré·e·s sous le nom de la mère, 2.037 enfants (3,10%) ont été déclaré·e·s sous les noms du père et de la mère, 637 enfants (0,97 %) ont été déclaré·e·s sous les noms de la mère et du père. Si la loi permet donc différentes options, la « tradition » de ne donner que le nom du père perdure majoritairement.

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