La neutralité incarnée

Par Pascal SteinwachsLex Kleren Changer en allemand pour l'article original

S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer : L’ombudsman, bien sûr pas nécessairement un homme, mais un·e arbitre impartial·e qui s'occupe des problèmes des citoyens dans leurs rapports avec les autorités.

Le fait qu'il n'est pas toujours facile de traiter avec les administrations et que de nombreux citoyen·ne·s se sentent en insécurité ou parfois même impuissants vis-à-vis d'elles, avait déjà atteint le Luxembourg dans les années 1970, où dès 1976, une première tentative a été faite pour créer un « Commissaire général au contrôle de la gestion administrative de l'Etat et des Communes ». Cependant, l'initiative législative a rapidement disparu dans un nouveau tiroir.

Il a fallu attendre juillet 2003 pour que le projet législatif correspondant soit adopté par la Chambre des députés et même 2004 pour que le premier médiateur luxembourgeois – le Premier ministre de l'époque, Jean-Claude Juncker, aimait parler du « Knoutermann » – entre effectivement en fonction en la personne de l'ancien politicien du CSV, Marc Fischbach. Le Luxembourg a ainsi été le dernier pays européen à se doter d'une telle institution, qui a pour but d'aider les citoyen·ne·s dans leurs démarches auprès des administrations publiques.

Le travail de l’ombudsman concerne les décisions qui sont contestées par les citoyen·ne·s ou les procédures qui n'ont pas été menées à bien comme elles auraient dû l'être. Cela va du comportement d'un·e seul fonctionnaire à celui de tout un service. La personne qui intervient doit être prise au sérieux, ce qui signifie qu'elle ne doit pas nécessairement être populaire, mais doit être respectée par l'administration.

Après Marc Fischbach (2004 à 2012) et Lydie Err (2012 à 2017), Claudia Monti est – depuis le 1er avril 2017 – le troisième ombudsman du Luxembourg. Le poste d’ombudsman, qui est d'ailleurs l'un des postes les mieux payés de la fonction publique, est d'une durée de huit ans et n'est pas renouvelable.

Nous avons eu l'interview de la « Knouterfra » mercredi de la semaine dernière. Le rapport annuel 2019 sera présenté lundi prochain à 9h00 à la Chambre des députés et diffusé sur « Chamber.TV ».

Lëtzebuerger Journal : Pourquoi le Médiateur s'appelle-t-il en fait Ombudsman, alors que « mann » est également erroné, car il s'écrit avec un seul « n » ? « Le·la médiateur·rice » serait un nom plus approprié, n'est-ce pas ?

Claudia Monti : Le terme Ombudsman vient du scandinave, où « ombud » signifie médiateur et « man » signifie personne, donc le terme est tout à fait correct. Au niveau international, cependant, le terme ombuds ou ombudsperson est de plus en plus répandu ; en allemand, on dit ombudsman et en français « défenseur des droits ».

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