J’ai deux mots à vous rire - Courage, fuyons !

Par Claude Frisoni

Ce qui conduit les survivalistes fortunés à se faire installer des bunkers capables de résister à une attaque nucléaire, une éruption volcanique, une pandémie mortelle, une chute de météorite géante, une invasion de migrants mal peignés, une interview de Fred Keup ou un rapport Waringo.

Un fait divers particulièrement sordide, car impliquant une petite fille dont la maman a fait organiser l’enlèvement dans les Vosges, a mis en avant une « mouvance » dont la nécessité ne m’était encore pas apparue : les survivalistes. Le survivalisme serait né aux USA (c’est là-bas que naissent la plupart des trucs déjantés) dans les années 70, et un dénommé Saxon qui a publié à l’époque plusieurs livres de survie aux États-Unis, prétendait être l’inventeur du terme même de survivalisme. Et d’emblée, mon esprit chafouin se met en éveil.

Pourquoi les anglophones utilisent-ils un terme comme survivalisme ? Pourquoi, quand les supporters de l’équipe de Liverpool entonnent leur fameux hymne « You’ll never walk alone », les supporters de l’équipe de France de foot se sont-ils crus autorisés à reprendre en chœur (enfin, presque en chœur, il ne faut pas non plus trop en demander) la chanson de Gloria Gaynor : « I will survive » ? Oui, pourquoi ? Car, jusqu’à preuve du contraire, « vivre » se dit « to live » en anglais, et « sur » se dit « on » ou « over ». Logiquement, les supporters insupportables auraient dû chanter « I Will Over Live », ou un truc du genre. Avec deux mots qui n’existent pas, l’anglais en a formé un troisième qui dit la même chose que le français. Cette langue opportuniste a fait la même chose avec des tas de mots importés. Ainsi, alors qu’une dent se dit « tooth » en anglais, un dentiste ne se dit pas « toothist » mais bien « dentist ».

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