"Il y a deux nuits, j'ai même rêvé de l'Ekabe"

Par Christian BlockLex Kleren Changer en allemand pour l'article original

Les vaches de la ferme de Laurent Raus continuent d'être traites. Mais depuis que Lactalis a annoncé, fin mai, qu'il ne souhaitait plus s'approvisionner en lait au Luxembourg, rien n'est plus comme avant pour cet agriculteur et les 67 autres exploitations membres de l'Ekabe. Visite d'une ferme dont l'avenir est soudainement incertain.

Dans l'étable, tout se passe comme d'habitude. Une vache entre dans la salle de traite. La machine détecte les trayons, les nettoie et les sèche avant de lui mettre les quatre gobelets de traite et de pomper le lait dans un réservoir – le tout de manière entièrement automatique. On entend des bourdonnements, des cliquetis et des sifflements. Une fois la traite terminée, les trayons sont encore désinfectés et la machine se nettoie. Ce programme se déroule en moyenne 180 fois par jour.

"Les vaches peuvent entrer quand elles veulent. Mais elles doivent avoir une certaine quantité de lait à leur actif, ce que [l’ordinateur] calcule à l’avance. Si elles n'ont pas encore produit assez de lait, elles sont renvoyées dehors", explique Laurent Raus. En d’autres termes : la grille de sortie s’ouvre et la vache doit, bon gré mal gré, retourner dans l’étable. Une vache vient de tenter à nouveau sa chance. "Celle-là a vêlé avant-hier." L’agriculteur sort son smartphone. "Elle pourra être traite à nouveau dans 3 heures et 48 minutes."

Le robot fonctionne simplement. L’homme qui l’utilise se pose des questions.

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