Éditorial - L'Iran et la malédiction du pétrole

Par Camille Frati

La population iranienne souffre depuis trop longtemps entre des régimes qui l'oppriment et des tactiques géopolitiques dont elle est la seule à subir les conséquences. 

Cet article est mis gratuitement à ta disposition. Si tu veux soutenir notre équipe, abonne-toi dès maintenant.

Tel un volcan qui se réveille de manière irrégulière, le Rubik's Cube mondial se met à nouveau en action, redistribuant les cartes au niveau géopolitique. Le premier mouvement est venu de Russie – faut-il le dater de 2022, avec l'invasion de l'Ukraine, ou 2014, avec l'annexion de la Crimée, ou 2008 avec la guerre éclair en Géorgie destinée à "défendre" les régions séparatistes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie ? Depuis un an, Donald Trump s'emploie à son tour à remettre en question un ordre mondial pourtant façonné par les États-Unis au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, asseyant leur rôle de superpuissance économique, militaire et politique. Les alliances de longue date sont dénoncées, les promesses oubliées, les engagements négligés. Voyant en la Chine son principal adversaire, Donald Trump préfèrerait transiger avec la Russie, quitte à lui abandonner l'Ukraine. Même si le jour suivant il évoque la menace russe pour réclamer la souveraineté américaine sur le Groenland. La tectonique des plaques est lancée, nul ne sait quand elle s'achèvera ni quel monde elle nous laissera.

Pris dans le mouvement, les moins grandes puissances tentent de tenir debout, déchirées entre une résistance frontale et une conciliation servile. L'Union européenne est écartée des négociations sur l'Ukraine dont elle est pourtant voisine et qu'elle comptera probablement un jour comme État-membre. Elle n'a pas non plus eu son mot à dire durant la guerre sanglante menée par Israël à Gaza durant deux ans. Lui aussi convoité par Donald Trump, le Canada a plaidé par la voix de son Premier ministre à Davos pour une alliance des puissances moyennes, histoire de ne plus subir les choix et errances des superpuissances autoproclamées. 

La suite de cet article est gratuite

Elle est disponible pour les utilisateur·rice·s abonné·e·s à la newsletter, qui est envoyée deux fois par semaine, et ayant un compte Journal.

As-tu déjà un compte ?

Connecte-toi