La lutte pour les droits des femmes reste d'actualité – entre revendications et satisfaction devant des avancées cruciales au Luxembourg.
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Cette année encore, la journée d'action luxembourgeoise pour les droits des femmes, rebaptisée "marche féministe", a fait le plein de femmes mais aussi d'hommes. L'occasion de célébrer une victoire toute récente : le premier vote de la Chambre des députés pour l'inscription de la "liberté d'avorter" dans la Constitution – il en faudra un second avant l'été.
Il aurait certes été préférable de garantir le "droit d'avorter", mais c'était le prix du consensus politique. Juridiquement cela ne change rien, assure-t-on. Symboliquement, l'impression n'est pas la même. Depuis trop longtemps, on joue avec les mots autour de l'avortement. D'abord la "dépénalisation" pour ne pas dire la "légalisation". Maintenant une "liberté" pour ne pas concéder un droit fondamental. C'est le genre de nuance et de précaution qui font douter de l'absence de débat autour de l'avortement au Luxembourg.
Officiellement, personne ne le remet en cause. Mais les positions des différents partis ont bien montré qu'il suscite encore le malaise chez certain·e·s. Des atermoiements du CSV aux abstentions, sans compter les absents à la Chambre mardi – il en faut peu pour se convaincre que les arguments juridiques contre une inscription dans la Constitution cachent (mal) une opposition réelle à l'avortement.
Et c'est justement pour cela qu'il était aussi important d'aller au bout de cette démarche endossée par Marc Baum (déi Lénk) – encore une avancée sociétale majeure portée par l'opposition face à un gouvernement dominé par le CSV, à l'image de celle sur le droit à l'euthanasie en 2008 défendue par Lydie Err (LSAP) et Jean Huss (déi gréng). Le précédent américain – la jurisprudence majeure Roe vs Wade dézinguée par une Cour suprême à la botte de la droite ultraconservatrice – a agi à juste raison comme un électrochoc.
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