Brexit, dix ans après : la Place en a profité malgré elle

Par Camille FratiLex Kleren

Le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a suscité de folles prédictions, faisant miroiter une manne pour les places financières du continent. Si l'effondrement de la City n'a pas eu lieu, le Brexit a indubitablement généré un impact positif sur ses homologues. Y compris la place luxembourgeoise, même si elle nie avoir cherché à attirer les activités sortant de Londres.

Au lendemain du funeste référendum qui a penché en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, aucun bouchon de crémant n'a sauté sur la Place financière. "Notre première réaction était plutôt une grande déception de perdre un allié aussi important que le Royaume-Uni à la table des négociations européennes, du point de vue de l'industrie financière au sens large et de l'industrie de la gestion d'actifs en particulier", se souvient Serge Weyland, CEO de l'Alfi, l'association professionnelle de l'industrie des fonds au Luxembourg. "Nous avions identifié à l’époque un risque réel que le secteur financier européen en souffre", ajoute Jerry Grbic, CEO de l'ABBL, association professionnelle des banques du Luxembourg. "Tout est devenu plus complexe, comme d'ailleurs dans d'autres secteurs de l'économie."

Alors que le Brexit pouvait laisser croire à une hémorragie d'activités et d'emplois de la City vers d'autres places de l'UE, avec une concurrence annoncée entre Paris et Francfort, ce n'était pas le discours au Luxembourg. "Beaucoup disaient que Paris allait gagner 10.000 emplois, que nous assisterions à un exode massif de banquiers de Londres…", se souvient Tom Theobald, CEO de Luxembourg for Finance, l'agence de promotion de la Place. "Nous avons toujours dit que cela ne se passerait pas comme cela, mais que cela concernerait plusieurs centres financiers en Europe plutôt qu'un seul et que cela conduirait à un renforcement des équipes locales basé sur un recrutement local ou l'arrivée d'un head of business line depuis Londres voire d'autres entités du groupe. Et c'est exactement ce que nous avons observé."

Accède à la suite du contenu.

  • Abonnement annuel

    185,00 €
    /an
  • Abonnement mensuel

    18,50 €
    /mois
  • Zukunftsabo pour abonné·e·s en-dessous de l'âge de 26 ans

    120,00 €
    /an

As-tu déjà un compte ?

Connecte-toi