Une politique d'intégration pas assez nuancée

Par Christian BlockLex KlerenMisch Pautsch Changer en allemand pour l'article original

Les femmes immigrant au Luxembourg peuvent être confrontées à des obstacles particuliers à l'intégration, auxquels la politique n'accorde pas suffisamment d'attention. Pourquoi une différenciation est nécessaire – également en ce qui concerne les minorités sexuelles.

Le rapport du Réseau européen des migrations (REM) publié l'automne dernier n'a visiblement pas fait de vagues. Dans cette étude intitulée Integration of migrant women (Intégration des femmes migrantes), des expert·e·s en migration et en asile de toute l'Europe ont constaté que "l'intégration des femmes migrantes [dans la plupart des États membres de l'Union européenne] n'est actuellement pas une priorité nationale, même si certains en font une priorité, en particulier pour améliorer l'égalité des sexes". Bien que, comme l'ont montré plusieurs études, les femmes peuvent être confrontées à un double désavantage : en tant que femmes d'une part et en tant que migrantes d'autre part.

Le Luxembourg fait partie d'un groupe d'États ayant adopté une politique d'intégration de la dimension de genre (dite gender mainstreaming). L'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (Eige) entend par ce terme une "stratégie" visant à atteindre l'égalité. Le Conseil de l'Europe l'appelle une "approche politique qui tient compte des intérêts et des préoccupations tant des femmes que des hommes". Les besoins spécifiques de certains groupes de personnes peuvent toutefois être négligés dans cette méthode. Bien qu'il soit possible, selon le rapport du REM, que certains projets, par exemple pour promouvoir spécifiquement les chances d'emploi des femmes, bénéficient d'un financement public, ce qui est le cas au Luxembourg. Mais nous y reviendrons plus tard.

La chercheuse émérite en études de genre Christel Baltes-Löhr avait déjà constaté avec pertinence en 2017, dans un article pour l'Almanach social de Caritas, que premièrement "les femmes et la question du genre ne sont mentionnées que lorsqu'il s'agit de projets spécifiques pour l'égalité des genres et que, deuxièmement, on est ainsi encore loin au Luxembourg de la prise en compte de la mise en œuvre de la dimension de genre comme aspect transversal qui devrait s'étendre à tous les domaines et projets de la politique".

Pour elle, deux points sont à prendre en compte dans cette question. "Il y a plus de deux sexes dans ce monde", déclare la scientifique à propos de la négligence des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, inter, non-binaires et queer (LGBTIQ+) dans le débat. "Je pense que la politique d'intégration doit s'adresser à tous les genres", ajoute-t-elle. Cela commence par l'accueil des réfugiés LGBTIQ+, lorsque les personnes non-binaires doivent partager une chambre ou un logement avec des personnes généralement étrangères. Cela est lié à des risques d'abus physiques, sexuels ou verbaux, comme le constate Mme Baltes-Löhr avec Jasmin Donlic et Nina Held dans un article sur les "Personnes trans*, inter* et non-binaires* dans le contexte de la migration, de la fuite et de l'asile". Cet article est tiré du manuel Trans*, inter* et sexualités non-binaires édité par Mme Baltes Löhr et René_ Rain Hornstein, qui paraîtra cette année aux éditions Transcript.

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