Une lutte ciblée

Par Audrey SomnardLex Kleren

On connaissait les Gentlemen's clubs, dont certains sont encore interdits aux femmes, et les groupes féministes qui refusent la présence d’hommes. Aujourd’hui certains groupes anti-racistes réservent des réunions aux personnes racisées. Le phénomène fait grincer des dents, pourtant des rassemblements réservés à certaines catégories de la population, ce n’est pas nouveau. Décryptage.

Sandrine Gashonga est présidente de l’organisation Lëtz Rise Up, qui lutte contre le racisme au Luxembourg. En janvier dernier, l’association a organisé un webinar en « non-mixité racisée » intitulé « Racisme structurel au Luxembourg : de quoi parle-t-on ? », comprenez que seules les personnes racisées étaient invitées à s’inscrire. Ce n’est pas la première fois qu’une association organise ce type de rassemblement au Luxembourg, mais cette fois un article chez nos confrères de L’Essentiel a fait son petit effet. Ni une ni deux, l’ADR en la personne du député Fred Keup a envoyé une question parlementaire à la ministre de l’Intégration pour se plaindre de discrimination et de racisme anti-blanc de la part de Lëtz Rise Up. Pour le député, exclure des personnes sur base de leur couleur de peau devrait être qualifié de discrimination et donc interdit. Le syndicat étudiant Unef a en France provoqué récemment une polémique beaucoup plus importante, sur base de mêmes réunions en « non-mixité racisée ». Les politiques de tous bords étaient alors montés au créneau pour défendre une certaine vision de l’universalisme en dénonçant la discrimination de ces organisations à l’encontre des « blancs ».

Soutien public du ministère

La ministre de l’Intégration Corinne Cahen avait déjà réagi en prenant la défense de l’association dans l’article de nos confrères, mais elle a réitéré son soutien dans sa réponse parlementaire : « il ne s'agit pas de discrimination à l'égard des personnes, mais d'une méthodologie de discussion spécifique du travail social », argumente la ministre, et de compléter : « bien sûr, cette approche n'est peut-être pas la seule, mais elle doit être complémentaire à d'autres approches dont les discussions sont menées avec des groupes hétérogènes ». Mis à part quelques débats houleux sur les réseaux sociaux, et des insultes envoyées aux dirigeant·e·s de Lëtz Rise Up, l’affaire n’a pas pris plus d’ampleur. Pour Sandrine Gashonga, avoir le soutien public de la ministre a fait la différence : « J’ai été agréablement surprise de la réaction de Corinne Cahen, elle nous a défendu et a clos le débat. Nous ne sommes pas les premiers à le faire, et nous en referons d’autres, même si pour le moment aucune réunion en non-mixité n’est prévue. »

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