À qui profitera vraiment la réforme fiscale ?

Par Camille FratiLex Kleren

La réforme fiscale déposée par le gouvernement Frieden est présentée comme plus juste, plus équitable, plus moderne et avantageuse pour tou·te·s les contribuables. La réalité n'est pourtant pas si simple.

C'est le 6 janvier dernier que le gouvernement Frieden a décidé de dévoiler ses étrennes aux contribuables. L'importance de l'annonce se jauge au nombre de ministres tout sourire devant la presse : le ministre des Finances, Gilles Roth, n'a pas été laissé seul et a dû partager la lumière avec le Premier ministre Luc Frieden mais aussi Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse et Max Hahn, ministre de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil. Il s'agit d'"une réforme fiscale majeure sans perdants et avec des allègements fiscaux substantiels pour une très large partie de la population", souligne Gilles Roth. Des célibataires aux couples avec enfants en passant par les familles monoparentales, effectivement, sur le papier, chacun·e devrait voir sa situation améliorée et son impôt sur le revenu revu à la baisse.

La mesure la plus spectaculaire reste la classe d'impôt unique pour tou·te·s les contribuables quels que soient leur situation familiale et leur état civil. Elle doit conduire à "plus de justice fiscale" puisqu'elle "tient compte de la diversité des constellations familiales existantes de nos jours". Le mariage ne doit plus être l'unité de taxation des revenus. "Le modèle familial choisi par les uns et les autres ne sera plus l'élément déterminant pour l'imposition des personnes", analyse Ufuk Zobali, expert-comptable chez LPG. "C'est un débat sain car la Constitution consacre le principe de l'égalité des contribuables devant l'impôt. On peut comprendre que quelqu'un de plus riche contribue plus, mais pourquoi un célibataire paie davantage pour avoir fait le choix de ne pas se marier ou se pacser ? Une des libertés les plus fondamentales de tout un chacun, c'est de choisir le mode de vie que l'on veut avoir durant son existence." Chacun·e sera imposé·e en fonction de ses propres revenus et ne changera plus de classe d'impôt après un mariage, un divorce ou le décès de son conjoint.

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