Logements abordables: ce qui doit changer pourque le secteur privé s'engage

Par Christian BlockLex KlerenTom Herz Changer en allemand pour l'article original

9.500 ménages attendent un logement locatif abordable. Le gouvernement mise sur un partenariat avec des promoteurs privés, mais un an après le lancement d'un projet pilote, le modèle peine à décoller. Les représentants du secteur immobilier n'y voient pas la preuve de son échec, mais pointent des obstacles liés au financement, à la lenteur des procédures et à la coordination entre secteur privé et acteurs publics.

"On pourrait le dire avec les mots de Shakespeare : Much ado about nothing." Début mai, cette déclaration du ministre du Logement et de l'Aménagement du territoire Claude Meisch (DP) a provoqué des rires en commission parlementaire. On pouvait interpréter sa réponse à la question de l'opposition sur l'état de la coopération avec le secteur privé en matière de logement abordable comme une réplique teintée d'ironie : l'État a créé le cadre permettant aux promoteurs privés de participer à la construction de logements locatifs subventionnés. Et pourtant, un an après le lancement d'un projet pilote, un seul projet se trouve dans le pipeline.

En juin 2024, le gouvernement avait pour la première fois détaillé ses plans issus de l'accord de coalition et donné à cette coopération le cadrage d'un "partenariat public-privé pour le logement abordable" (voir encadré). Une année supplémentaire s'est écoulée avant que le ministre libéral ne lance un premier appel à projets début juin 2025.

Le Partenariat locatif public-privé (PLPP) fonctionne comme suite : un promoteur immobilier privé développe un projet de construction de logements sur un terrain qui lui appartient. Le promoteur assume le risque financier et l'investissement initial. L'État garantit au promoteur ou à l'investisseur qui acquiert les logements après leur achèvement une rémunération sur une durée de 20 ans. Les logements sont loués selon des critères sociaux par l'intermédiaire du Fonds du Logement (FdL). Le FdL assure également de la gestion locative.

Pour que le modèle soit financièrement attractif, le versement mensuel compensatoire au propriétaire est supérieur aux "seuls" revenus locatifs des logements sous-loués, mais inférieur à ce que rapporterait une mise en location sur le marché privé (voir encadré). L'État garantit le paiement du montant convenu, que les logements soient occupés en permanence ou non.

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