La double peine des migrant·e·s, détenus dès leur sortie de prison
Par Jang Kapgen, Lex Kleren Changer en anglais pour l'article original
Lorsque des ressortissant·e·s de pays tiers sans permis de séjour terminent une peine de prison au Luxembourg, ils·elles peuvent être détenu·e·s jusqu'à un an de plus, avant d'être finalement relâché·e·s dans les rues du Luxembourg sans statut légal. Un article sur les lacunes de la logique de détention.
Après avoir purgé une peine de prison au cours de l'année écoulée, Thomas était impatient d'être libéré et d'espérer prendre un nouveau départ. Mais le jour de sa libération, il a été accueilli par les autorités. Il passera les mois suivants dans le centre de détention, enfermé à nouveau, mais dans un nouveau lieu.
Bien que cet exemple soit fictif, il met un nom et une histoire sur le sort de plusieurs ressortissant·e·s de pays tiers au Luxembourg. Les ressortissant·e·s de pays tiers sont des personnes qui ne sont ni luxembourgeoises, ni originaires d'un autre État membre de l'Union européenne, ni islandaises, ni norvégiennes, ni liechtensteinoises, ni suisses. Leurs expériences permettent de dresser un tableau des préjudices causés par la législation luxembourgeoise en matière de détention. Mot-clé : double, voire triple peine.
"Ce qui se passe est le suivant : une personne peut être condamnée à une peine de deux ans. Elle attend deux ans en prison et croit qu'elle sera bientôt libre, mais ce n'est pas du tout le cas. Elle est envoyée directement de la prison au centre de détention", rapporte l'Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti). Selon Sérgio Ferreira, son porte-parole, "le centre de détention est un nom qui minimise ce qui se passe. C'est une prison pour les étrangers".
L'intérieur du centre de détention
Avant d'aborder les aspects pratiques, examinons de plus près la structure en question : en 2012, le centre de détention de Findel, géré par le gouvernement, a ouvert ses portes – ou plutôt enfermé des personnes derrière certaines d'entre elles. Les détenu·e·s disposent de chambres individuelles et de grands salons partagés par 14 à 16 personnes, mais ils·elles sont constamment surveillé·e·s. Les salles de séjour sont dotées d'une grande fenêtre derrière laquelle le personnel de sécurité s'assoit pour observer les détenu·e·s. "On se croirait dans un film policier", remarque Anke Vandereet, juriste de l'organisation de défense des droits humains Passerell, qui s'est rendue sur place à plusieurs reprises. La plupart des pièces communes sont placées sous surveillance vidéo 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, y compris certaines chambres.
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