La Chambre sape la démocratie - pour la protéger
Par Misch Pautsch Changer en allemand pour l'article original
Le Luxembourg serait-il capable de résister à un régime autoritaire ? Dans un nombre croissant de pays, les droits démocratiques sont restreints. Pour la première fois depuis 20 ans, le nombre d'autocraties dans le monde dépasse à nouveau celui des démocraties – dont beaucoup ont été élues démocratiquement. Mais comment nos institutions réagiraient-elles si cela venait à se produire chez nous ? C'est la question sur laquelle la cellule scientifique de la Chambre des députés se penche depuis un an.
Depuis un an, un groupe interne de la Chambre des députés joue au dictateur en herbe : "Nous nous mettons dans la peau d'un parti autocratique et illibéral. Que ferions-nous à leur place ? Nous lisons la Constitution, les différentes règles institutionnelles, et nous nous demandons : comment puis-je en tirer parti ?" Selon son directeur Marc Schiltz, ce test de résistance des institutions démocratiques est le plus grand projet mené à ce jour par la cellule scientifique. La question centrale est la suivante : où se trouvent les failles de nos institutions qui pourraient être exploitées par un système illibéral ?
Les démocraties sont à nouveau l'exception
À première vue, la question semble bien éloignée de la réalité. Après tout, le Luxembourg est considéré comme un modèle de pays démocratique : actuellement, le Grand-Duché occupe la 9e place de l'indice de démocratie. Même les débats sur la représentativité de l'électorat par rapport à la population du pays n'y changent rien. Pourtant, une lutte fait rage à l'échelle mondiale autour de cette forme de gouvernement historiquement relativement moderne. Alors que des mouvements libéraux dans des pays comme la Pologne, la Hongrie ou le Brésil font évoluer ces nations vers la démocratie et la participation, les autocraties se multiplient dans le monde entier : 56% des 137 États recensés dans l'indice de transformation Bertelsmann (BTI) seront des autocraties en 2026 – pour la première fois en 20 ans, elles seront plus nombreuses que les démocraties. Les formes de gouvernement autoritaires deviennent ainsi la norme à l'échelle internationale.
"Nous vivions dans un monde où la démocratie ne cessait de gagner du terrain, mais la tendance s'est désormais inversée. Même dans des pays où, d'un point de vue historique, la démocratie s'était fortement développée. Mais aussi au cœur de l'Europe, où l'on pensait qu'une telle chose serait impossible", ajoute Claude Wiseler (CSV), président de la Chambre.
Ainsi, en Allemagne, l'AfD, dont la présidente Alice Weidel projette notamment de supprimer la protection de la Constitution dans sa forme actuelle, recueille 27% des voix à l'échelle nationale. L'AfD constitue ainsi le premier parti de la République fédérale, bien qu'il ait été placé en observation pour suspicion d'atteinte à la Constitution et même déjà classé comme d'extrême-droite, et que certaines de ses branches locales le soient encore aujourd'hui. Sous Donald Trump, les États-Unis sont devenus une "démocratie défaillante" qui, selon l'institut suédois V-Dem, "traverse la phase d'autocratisation la plus rapide que les États-Unis aient connue dans leur histoire moderne".
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