Éditorial - Pas de fin en vue

Par Pascal Steinwachs Changer en allemand pour l'article original

Quatre ans après le début de la guerre d'agression russe contre l'Ukraine, la fin de la violence n'est toujours pas en vue. Les signes continuent malheureusement d'indiquer une escalade plutôt qu'une détente.

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Il y a des anniversaires que l'on préférerait ne pas commémorer. Ainsi, la guerre d'agression brutale menée par la Russie contre l'Ukraine, qui a débuté le 24 février 2022, est effectivement entrée dans sa cinquième année. Quatre années au cours desquelles des centaines de milliers de personnes sont mortes des deux côtés et des millions d'Ukrainien·ne·s ont fui leur pays, le pays est en grande partie à terre et les habitant·e·s des villes n'ont presque plus d'électricité et de chauffage pendant l'un des hivers les plus froids depuis longtemps – et la fin de la guerre n'est pas en vue.

L'agresseur Poutine fait certes de temps en temps des prétendues offres de paix, mais celles-ci contiennent des concessions irréalisables pour l'Ukraine, qui équivaudraient à une paix dictée. Et oui : pendant que les Russes et les Ukrainien·ne·s négocient une éventuelle paix à Genève, Vladimir Poutine continue à bombarder le pays sans relâche.

Entre-temps, même les plus grands fans de la Russie et de Vladimir Poutine, qui doivent encore exister, devraient avoir compris que le parrain du Kremlin et ses marionnettes sont plus que des chefs de guerre misérables, mais cela n'aide malheureusement pas l'Ukraine. À l'origine, Moscou voulait conquérir le pays voisin par un coup de main dans le cadre d'une sorte de blitzkrieg russe, mais cela a complètement échoué, sinon la Russie surpuissante aurait déjà vaincu l'Ukraine incomparablement plus petite. Ce que Vladimir Poutine n'avait pas prévu, c'est la résistance acharnée que les Ukrainien·ne·s opposent jour après jour depuis quatre ans déjà.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a en outre d'énormes répercussions sur le monde entier, où les États dictatoriaux sentent de plus en plus le vent tourner, où l'Europe connaît sa plus grave crise de réfugié·e·s depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et où tout ce qui touche à l'armée a de nouveau le vent en poupe. D'ailleurs on parle même de réintroduire le service militaire obligatoire, ce qui, Dieu merci – Vladimir Poutine va pouvoir respirer ! – a de nouveau été annulé.

Depuis le début de la guerre, seule l'industrie de l'armement a des raisons de se réjouir, car elle est entre-temps passée pour beaucoup de l'état de vilain petit canard à celui de partenaire commercial tout à fait normal. Même les emprunts pour la guerre ont soudain fait fureur, du moins chez nous au Luxembourg : les Luxembourg Defence Bonds se sont vendus en un rien de temps.

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