Éditorial - "The dictator" is leaving
Par Misch Pautsch, Lex Kleren Changer en allemand pour l'article original
Il y a onze ans, Jean-Claude Juncker a accueilli le Premier ministre hongrois Viktor Orbán avec une gifle et le célèbre "The dictator is coming". Aujourd'hui, ce dernier s'en va. Cette fois-ci, la gifle est donnée par son propre peuple. L'UE et l'Ukraine ne sont pas les seules à respirer. Le fondement populiste est enfin ébranlé. Mais la joie de l'échec de M. Orbán révèle la faiblesse actuelle de la démocratie en Europe.
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Pendant combien de temps est-il possible de se vendre comme l'antithèse politique de "l'élite corrompue", alors que l'on incarne précisément cette élite ? La Hongrie a donné une réponse : 16 ans. Dimanche dernier, le peuple hongrois a dit à Viktor Orbán : "Assez". Malgré les accusations de manipulation électorale, de votes achetés, d'affiches anti-UE financées par le Kremlin, de soutien au vice-président américain J.D. Vance et à Vladimir Poutine, et même d'un faux projet d'assassinat.
Les résultats des élections ont été si clairs que les tentatives trumpiennes de remise en question des résultats, que beaucoup redoutaient, n'ont jamais été mises en œuvre. La majorité des deux tiers obtenue par le parti Tisza de Péter Magyar signifie qu'il peut revenir sur les décrets de Viktor Orbán de centralisalisation du pouvoir.
Dans toute l'Europe, la joie est grande de voir disparaître ce boulet au pied de l'UE. Au cours des dernières années, la Hongrie a bloqué d'innombrables initiatives, dont un paquet d'aide de 90 milliards à l'Ukraine. Même les accusations d'espionnage se sont multipliées : des représentant·e·s hongrois·es auraient transmis des informations à la Russie lors de discussions européennes décisives.
Mais la victoire – et c'est une victoire qui mérite d'être célébrée – se pare aussi de désenchantement. Elle montre à quel point nos attentes sont désormais basses, à quelle profondeur nos démocraties sont tombées. Le départ d'un autocrate ouvertement corrompu et hostile à l'UE depuis des décennies compte déjà comme un grand gain. Attente minimale : atteinte. Ouvrez le champagne.
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