De l'ambition à la réalité, que reste-t-il de la vision "zéro déchet" ?
Par Christian Block, Lex Kleren Changer en allemand pour l'article original
Lorsque le ministre de l'Environnement Claude Turmes a promis en 2022 de mettre le Luxembourg sur la voie d'une société "zéro déchet", la Chambre des députés a adopté l'une des réformes les plus ambitieuses en matière de déchets en Europe. Trois ans plus tard, une partie de cette réforme risque d'être compromise. La question est de savoir jusqu'où peut aller l'ambition environnementale lorsque la mise en œuvre s'avère difficile.
"Mir brénge Lëtzebuerg elo wierklech op de Wee ewech vun enger Wegwerfgesellschaft hin zu enger Zero-Waste-, Null-Offall-Gesellschaft" ("Nous sommes en train de faire passer le Luxembourg d'une société du tout-jetable à une société du zéro gaspillage et du zéro déchet"). On pouvait difficilement viser plus haut que Claude Turmes (déi gréng), en sa qualité de ministre de l'Environnement, du Climat et du Développement durable, lors de sa prise de position au Parlement en avril 2022 sur le paquet relatif à l'économie circulaire. Auparavant, les porte-parole des différents groupes et formations politiques s'étaient exprimé·e·s pendant plus de deux heures sur les cinq projets de loi au total. Avec la réforme complète de la législation sur les déchets, la coalition du DP, du LSAP et des gréng est allée plus loin que les directives européennes qu'elle devait transposer dans le droit national.
Dans le contexte de la percée de la Conférence de Paris sur le climat sept ans plus tôt, d'une mobilisation civile sans précédent, par exemple sous la forme des manifestations Fridays for Future, mais aussi de la pandémie du Covid-19 qui a conduit à une remise en question des habitudes de consommation et a encouragé des comportements plus durables, déi gréng, stimulé·e·s par leur éclatant succès électoral lors des élections législatives de 2018, y ont manifestement vu un terrain fertile.
Mais quelques années plus tard, le vent semble avoir tourné. Les entreprises demandent une réduction de la bureaucratie et des obligations, arguant que ce correctif est nécessaire pour ne pas étouffer l'activité économique. D'un autre côté, les défenseur·euse·s de l'environnement et du climat craignent une dérégulation complète face à une perte alarmante de la biodiversité et tirent la sonnette d'alarme.
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