J'ai deux mots à vous rire - Moins de mâles, plus de bien

Von Claude Frisoni Artikel nur auf Französisch verfügbar

Ayant appris que certains animaux se reproduisent sans participation masculine, notre chroniqueur a imaginé un monde sans mâles.

Le plus grand oiseau d’Amérique du Nord, un impressionnant bestiau de 3 mètres d’envergure, capable de voler à plus de 4 km d’altitude (soit la moitié d’un avion de ligne), s’appelle le Condor de Californie. Il se différencie du condor du Pérou par le fait qu’il n’est pas toujours accompagné d’un orchestre en tenue folklorique avec un joueur de flute de pan répétant sans fin le thème entêtant d’« El condor pasa ». Fort bien mais pourquoi parler aujourd’hui du Condor de Californie, que personne à ma connaissance n’a chanté. C’est que cet animal, menacé de disparition, a trouvé un moyen efficace et original de croître et multiplier. En 1982, on ne comptait plus que 22 individus de cette espèce et sa disparition semblait évidemment inéluctable. Les Européens qui s’étaient installés dans l’Ouest avaient chassé, empoisonné, capturé ces oiseaux gigantesques ou volé leurs œufs. Aujourd’hui, on dénombre plus de 900 Condors de Californie. Ce qui ferait dire à un observateur facétieux que le condor que d’un œil. Ça n’est pas tout à fait faux. Car si le repeuplement de cette espèce doit un peu à l’intervention humaine et en particulier aux efforts du zoo de San Diego, c’est avant tout à la capacité d’adaptation des condors qu’on doit ce miracle. Et plus particulièrement à celle des dames condor.

En effet, récemment, des analyses ADN ont été effectuées sur ces animaux pour déterminer leurs liens de parenté et agir contre les risques de consanguinité. Et les résultats de ces recherches ont été inattendus et tout à fait surprenants. Responsable du département génétique et biodiversité pour le pôle californien de l'ONG Wildlife Alliance, qui travaille avec le zoo de San Diego sur la préservation des animaux sauvages, Oliver Ryder décrit notamment le cas de deux femelles venues d’un œuf dépourvu du matériel génétique de leur père présumé. Ne pouvant admettre une telle découverte, à savoir des naissances sans intervention d’un mâle, les scientifiques ont multiplié des analyses, en utilisant des méthodes différentes et ils ont dû admettre une étonnante évidence : les Condors de Californie se sont reproduits par parthénogenèse, c’est à dire sans fécondation par un mâle. Une telle incongruité arrive, semble-t-il, quand des femelles sont longtemps privées de mâles. On l’a observée chez des pucerons, des fourmis, des abeilles ou encore dans le cas d’un serpent de marque anaconda. Mais pour ce qui est du Condor de Californie, la spécificité réside dans le fait qu’il reste des mâles et qu’ils sont accessibles. Les femelles ont préféré s’en passer…

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