J'ai deux mots à vous rire - Nous envoyer balader

Par Claude Frisoni

L’attestation dérogatoire ! Il fallait y penser. Seul le pays de Descartes a su le faire. Ce document qui fera date dans l’histoire a permis par ailleurs d’innombrables situations burlesques, ce qui par les temps qui courent est une bénédiction.

Voilà plus d’un an qu’un gigantesque concours Lépine des idées les plus farfelues a jeté les pays européens dans une compétition frénétique. Pour faire face à ce qu’il est convenu d’appeler une « urgence sanitaire ». Urgence, d’après le dictionnaire, signifie une nécessité d’agir vite. Ce qui, après une année entière, peut faire sourire. La vitesse à ce train-là, c’est terriblement relatif. Mais, confrontés à cette lente et longue urgence, les plus brillants cerveaux de nos pays ont rivalisé d’imagination et de créativité. Les résultats de leurs remue-méninges forcent l’admiration. Couvre-feu à 18 heures d’un côté de l’Alzette mais à 23 heures de l’autre côté. Librairies ouvertes d’un côté des Ardennes mais fermées pour cause de « non essentialité » de l’autre. Restaurants ouverts au-delà des Pyrénées mais bouclés en deçà. Décisions centralisées, régionalisées, localisées, externalisées ; conseils scientifiques, de défense, parlementaires, gouvernementaux, privés… Écoles ouvertes, entr’ouvertes, fermées, semi-fermées ; voyages interdits, autorisés, tolérés ; tests obligatoires, recommandés, gratuits, payants, remboursés ; confinements, déconfinements, reconfinements, freinages, accélération du ralentissement, décélération de la décroissance, baisse de l’augmentation, augmentation de la hausse… les succès de l’harmonisation des mesures sanitaires ont été assez comparables en Europe aux tentatives d’harmonisation fiscale.

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