J'ai deux mots à vous rire - Fiat lux …

Par Claude Frisoni

La chronique hebdomadaire de Claude Frisoni.

A trois kilomètres à peine de mon village périgourdin d’adoption, juste de l’autre côté du pont qui enjambe la Dordogne, se trouve un bourg assez étonnant. Pas tant parce qu’il s’honore d’avoir sur son territoire deux châteaux, l’un en ruines et l’autre presque neuf, car construit au XIXème par un académicien spécialiste des termites ; pas vraiment parce qu’il se vante de proposer aux regards admiratifs une magnifique cheminée sarrasine, ni même parce que, blotti sur une colline (on dit un Pech par ici ), il domine la Vallée de la Dordogne et offre des vues splendides sur ces paysages du Périgord Noir. Ces caractéristiques ne suffiraient pas à distinguer ce village des autres, qui tous, (sauf le mien, qui a bien d’autres atouts), disposent d’au moins un château, une grotte, une falaise ou une rareté historique.

La particularité de ce bourg est ailleurs. Dans mon village, il est de bon ton de le mépriser et de critiquer ses habitants. Pourquoi ? C’est un mystère. D ‘après certains, ça remonte au XIIIème siècle et à un épisode des conflits anglo-français. Selon d’autres historiens locaux, c’est dû à l’ancienne division administrative, qui faisait passer la frontière entre le Périgord et le Quercy tout près du pont. Et certains affirment enfin que ça vient simplement d’une querelle depuis longtemps oubliée, entre les familles Capulet et Montaigu. Plus rares sont les snobs qui font observer que ce bled est situé rive droite, ce qui est affreusement passé de mode. Bien que n’étant pas né dans le coin, j’ai mené mon enquête et j’ai une toute autre hypothèse. L’animosité feinte (oui, en vrai tout le monde s’en fout mais fait semblant d’y croire), envers ces voisins, vient du nom du village : il s’appelle Carlux.

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